Maternelle
Max Ducos a passé douze mois aux États-Unis et son chevalet a vite trouvé sa place sur la véranda de sa demeure passagère. Dans cet album, la vie familiale de l'artiste se décline en vingt-quatre peintures avec, en arrière-plan, la vie d'un quartier et les coutumes d'un pays : attachez vos ceintures, nous filons outre-Atlantique !
La culture américaine me fascine depuis toujours. Petite, les maisons recouvertes de bardage en bois, les sequoias et les fêtes d’Halloween et Thanksgiving me faisaient absolument rêver. Adulte, j'ai eu la chance de sillonner ce pays lors de plusieurs grands voyages. Aussi, à l'annonce de la parution de ce nouvel album de Max Ducos, j’ai trépigné d'impatience : imaginer que l'artiste qui manie la gouache comme personne allait montrer mois après mois son expérience familiale américaine m'a enthousiasmée ! Mais reprenons tout dans l’ordre ! À quelque 200 kilomètres au nord de la ville de New York s'étendent les montagnes Catskill. C'est au cœur de cette région que les Ducos – père, mère et filles – ont passé un an, dans le village de Red Hook. On n'a pas le temps de poser les valises qu'on est déjà dans l’un de ces fameux bus jaunes avec les filles, direction l’école ! L'immersion est immédiate, l'automne est là et les feuilles se parent de couleurs dorées. On prépare Halloween, fête incontournable s'il en est et qui précède les célébrations de Thanksgiving et de Noël. En hiver, un très beau manteau neigeux recouvre tout et pour les petites Françaises, aller couper le sapin dans une ferme sera une sacrée aventure ! Mais le verglas qui fait glisser et s'éternise durant des semaines fera penser que « parfois, vivre ailleurs, c'est difficile ». Heureusement, le printemps arrive et la participation à une manifestation de quartier ainsi qu’une escapade dans les gratte-ciels de la city font oublier le froid. Puis c’est l'été et les immenses routes américaines mènent les Ducos aux chutes du Niagara avant de les ramener à la maison pour clore cette année en fanfare par une fête d’anniversaire avec « plein d'amis dans le jardin ». Il s'en est passé des choses en une année, des événements qui font grandir mais aussi apprendre une langue et penser de manière plus ample. Le voyage est fini et l'émotion est grande, tant pour les Ducos que pour nous, lecteurs de cette épopée. Maintenant, je peux le révéler : le livre m’a fait réellement me sentir aux États-Unis et je l’ai placé juste à côté de mes livres de photo de Stephen Shore. J’ai partagé avec bonheur douze mois de la vie d'une famille française aux États-Unis. Si ce récit est personnel, il n’en demeure pas moins universel. C'est une expérience humaine et artistique incroyable avec une maison pour ancrage. Pour le lecteur, le tout est dépaysant et hautement inspirant : merci monsieur Ducos pour ce voyage qui n’est rien moins que somptueux !