La parole aux enseignants

Les dingbats

✒ Katell Carrer, Collège Jules Verne, Provins

Nous nous posons souvent la question de savoir comment occuper un élève qui a fini avant les autres. Comment faire pour qu’il ne s’ennuie pas, n’en profite pas pour bavarder ou ne prenne pas les exercices supplémentaires comme une punition ? 

Une collègue d’histoire-géographie m’a soufflé une idée : proposer dans sa classe des énigmes pour lesquelles chaque élève doit inscrire sa réponse sur un morceau de papier et la glisser dans une boîte. C’est dans ce contexte que j’ai cherché une activité à la fois simple, intéressante et offrant quelques difficultés pour que mes élèves apprennent tout en s’amusant. C’est ainsi que j’ai découvert les dingbats.

Les dingbats ? Qu’est-ce ?

Il s’agit de rébus, dans lesquels un mot ou une expression de la langue française est figuré par le biais d’un dessin. Le dingbat prend la forme de lettres, chiffres ou signes typographiques. Pour trouver la réponse, il faut observer la couleur, la forme, la position des signes dans le dessin.  

Voici un exemple de dingbat : NUAtêteGES

Il est important ici d’observer plusieurs éléments : 

  1. Nous remarquons deux mots : NUAGES et tête
  2. Nous remarquons que le mot NUAGES est coupé en deux
  3. Nous remarquons que le mot tête est dans le mot NUAGES
  4. Nous remarquons que le mot NUAGES est au pluriel
  5. Nous remarquons que le mot tête est au singulier 

Il est ensuite nécessaire de chercher parmi les expressions de la langue française, quelles sont celles qui évoquent ces deux mots : Nuages et tête. La réponse arrive assez simplement, c’est  « avoir la tête dans les nuages »

Une fois la réponse trouvée par le(s) élève(s), j'explique ce que l’expression signifie. Il s’agit d’un moyen d’enrichir les connaissances linguistiques des élèves tout en développant des compétences d’observation, de déduction et de mise en réseau de leurs connaissances personnelles. 

Comment proposer des dingbats en classe ? 

Pour ma part, je vois trois façons d’exploiter les dingbats en classe. Dans un premier temps, pour créer une dynamique de classe, il est possible de vidéoprojeter un dingbat et de demander aux élèves ce qu’ils observent. Ensemble, nous notons tous les éléments que les élèves ont trouvés. Puis nous essayons de recenser toutes les expressions idiomatiques qui peuvent correspondre à la réponse. Enfin, en groupe-classe, nous construisons une définition au sens figuré de ce que signifie cette expression. Cette activité peut devenir un rituel de début de cours. 

Je peux aussi afficher un dingbat par semaine au tableau avec un affichage spécifique - « Qui saura résoudre cette énigme de la langue française ? » - et chacun est libre de se creuser la tête quand il a du temps. L’élève peut ensuite venir me donner la réponse au début ou à la fin de l’heure. 

Il est enfin possible de proposer ces dingbats sous forme de cartes plastifiées dans lesquelles les élèves viennent piocher quand ils ont fini un exercice. Cela peut aussi devenir un rituel.

Quelle plus-value pour les élèves ? 

Ce que j’apprécie dans cette activité, c’est que cela permet de faire travailler la réflexion autour d’une matière intellectuelle relativement résistante. Je trouve cette activité stimulante : elle peut redonner le goût de l’effort aux élèves. 

De plus, nous revoyons les expressions de la langue française de façon ludique. J’ai remarqué que les élèves en connaissent un grand nombre mais ne savent pas nécessairement ce qu’elles veulent dire. Ainsi, les proposer comme un jeu permet aussi de faire un point de langue sur les expressions idiomatiques dont notre langue foisonne. 

Enfin, je trouve également intéressant que le format soit adaptable. Pour les élèves les plus en difficulté, il est possible de donner un dingbat et plusieurs propositions d’expressions. Ils devront choisir et justifier parmi celles proposées. Pour les autres, le premier format envisageable est de proposer plusieurs dingbats et plusieurs expressions, pour qu’ils les relient ensemble. Chaque élève doit ensuite justifier sa réponse à l’oral. 

Si je veux élever un peu la difficulté, je donne le dingbat et les lettres de l'expression mélangées. 

Enfin, si on considère cette activité comme un défi personnel, il est possible de ne donner que le dingbat et pourquoi ne pas chronométrer pour stimuler les élèves. 

Exemples de dingbats

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