Des livres pour grandir, des livres pour résister
Il y a ceux qui font la littérature et ceux qui la défendent. Les uns écrivent, éditent, publient ; les autres manifestent, alertent, enquêtent, rappellent que la vie des livres ne tient qu’à un ensemble fragile de conditions.
Mais cette répartition est trompeuse. Faire de la littérature, c’est déjà créer les conditions de sa transmission. La défendre, c’est prolonger ce geste, en veillant à ce qu’elle trouve ses lecteurs et en découvre de nouveaux. Là, interviennent ceux que Daniel Pennac appelait des passeurs : éditeurs, libraires, enseignants, tous ceux qui rendent possible la rencontre.
C’est à cette double exigence qu’Yves Nadon s’attache depuis dix ans, en fondant les Éditions D2eux. Proposer aux enfants des livres capables de susciter ces rencontres décisives (c’est ainsi que les choses se passent : une belle rencontre entre un enfant et un livre et un lecteur apparaît) ; mais également s’adresser aux adultes, en publiant des textes scientifiques et militants pour les alerter sur ce qui menace aujourd’hui l’enfance, ses rythmes, ses espaces, son développement.
La littérature de jeunesse engage une certaine idée de l’enfance. Éditer, pour Yves Nadon, c’est nourrir et défendre les livres et leurs lecteurs. Au fond, cet ancien enseignant n’est-il pas resté fidèle à une ambition ancienne, « placere et docere ? »
Arthur Habib-Rubinstein - Dans votre préface de Comme un roman de Daniel Pennac, illustré par Quentin Blake, vous vous présentez en tant que « lecteur-éditeur ». Pourquoi cette double position est-elle importante pour vous ?
Yves Nadon - Je ne me souvenais pas de ce passage, j’ai relu cette préface. Voici le passage en question :
Mariant le texte inspirant de Daniel Pennac et les illustrations du grand Sir Quentin Blake, cette édition anniversaire de Comme un roman est un pur délice pour le lecteur-éditeur que je suis. Illustrateur de Roald Dahl, ce monstre de la littérature jeunesse anglo-saxonne, Quentin Blake a entre autres signé Charlie et la chocolaterie, Matilda, Le bon gros géant et Sacrées sorcières. Par les illustrations de Blake, c’est un peu de Dahl qui s’immisce dans le monde de Pennac.
Je voulais souligner le plaisir de publier le texte de Daniel AVEC les illustrations de Quentin Blake. Le lecteur en moi se réjouissait des mots mariés aux illustrations, et l’éditeur en moi était fier de publier ces noms, Pennac et Blake, dans le même livre, chez une jeune maison d’édition, la mienne !
Et ça reste le plaisir retrouvé à chaque album : je suis heureux comme lecteur, et fier de faire en sorte que le livre existe, d’en être l’éditeur. Je suis comme un gamin dans un magasin de bonbons, et c’est moi le propriétaire du magasin !
A. H. - Dans La Pierre maléfique de Chris Van Allsburg, des marins transformés en singes ne redeviennent humains que lorsqu’un capitaine leur raconte des histoires. Cette fable porte-t-elle la vision de la littérature que vous défendez ?
Y. N. - Oui, il les ramène à la vie par les arts, dans ce cas-ci, par la lecture et la musique. J’avais voulu sortir ce livre durant les confinements, vous vous souvenez ? Quand on disait tout haut que ces aspects de la vie humaine étaient considérés comme non essentiels…
J’aime bien cette phrase de Pennac dans le chapitre intitulé « Le droit de ne pas lire » :
Parce que, si l’on peut parfaitement admettre qu’un particulier rejette la lecture, il est intolérable qu’il soit — ou qu’il se croie — rejeté par elle.
Je connais d’excellents musiciens qui lisent très peu. Je dirais que c’est plutôt la vision sur les arts que je défendrais. Le constat est que le théâtre, le cinéma, l’écriture, la lecture, la musique, l’architecture… — les arts, quoi ! — sont ce qui exprime notre humanité. On a publié un très bon livre (publié en France par HongFei) intitulé Si j’étais ministre de la Culture. À lui seul, ce petit texte montre ce que seraient nos vies sans les arts.
A. H. - Vous publiez également un essai intitulé Génération anxieuse du psychologue social Jonathan Haidt, qui traite de la crise de la santé mentale des jeunes et du rôle des smartphones ou Cultiver des esprits engagés du pédagogue Peter Johnson. Qu’est-ce qui relie, pour vous, ces textes à votre catalogue de littérature jeunesse ?
Y. N. - Ce sont des textes qui rejoignent la vision que je défends de la littérature en salle de classe et de son rôle essentiel pour que les enfants restent lecteurs leur vie entière. J’ai été professeur pendant 35 années, et je continue à y être présent de différentes façons : rencontres, mentorat, conférences. Je ne peux que rarement séparer l’enseignant de l’éditeur.
Ces deux textes reflètent de vraies préoccupations et de vraies intentions.
Déjà, il y a des années, j’avais commencé une conférence TED en 20141 en disant à peu près ceci : quand j’étais gamin, on a introduit les téléviseurs en nous promettant que tout allait changer. Ce n’est pas arrivé. Plus tard, au tout début de ma carrière d’enseignant, on a introduit les ordinateurs, en promettant que tout allait changer. Ce n’est pas arrivé. ET maintenant, on introduit iPads, iPhone, tableaux interactifs, et on nous promet encore que tout changera. Permettez-moi d’être sceptique…
Génération anxieuse, publié en co-édition avec Les Arènes confirme ces craintes exprimées, mais nous savons maintenant que ce ne sont pas seulement les promesses non tenues qui sont en cause, mais bien les dommages faits par ces outils. Quant à Cultiver des esprits engagés, et d’autres titres dans cette collection pédagogique, ils abondent cette conviction, que ce qui fait la différence dans la vie d’une enfant, c’est la rencontre avec un enseignant curieux, engagé, humaniste, pas avec des machines, aussi « intelligentes » soient-elles. Je suis d’accord avec cette pédagogue britannique, Margaret Meek :
« Après avoir financé une multitude d’études sur la lecture, la seule certitude que nous ayons, c’est que les bons lecteurs réussissent à se frayer un chemin vers la littératie lorsqu’ils sont accompagnés d’amis qui les encouragent et les soutiennent... et lorsqu’ils bénéficient de l’enthousiasme d’un adulte à qui ils font confiance.»
Je n’ai encore rien vu qui me fasse changer d’avis.
A. H. - Considérez-vous que les smartphones sont la pierre maléfique de notre monde ? Et que peut la littérature face à cela ?
Y. N. - Oui. Tout le monde peut témoigner des impacts négatifs. Comme j’ai déjà, je crois, exprimé quelques craintes plus haut, je vais tenter d’être bref. Tous les écrans, pas juste les smartphones, sont problématiques. Les preuves sont là, depuis des décennies, les promesses non tenues et les résultats pour le moins désastreux sur leur utilisation. Les écrans n’ont pas bonifié l’apprentissage, au contraire, ils y ont nui2 On voit aussi comment le tissu social est affecté par leur trop grande utilisation.
Nuançons. Disons qu’on doit se questionner sur la place que cet outil prend. Il s’agit tout de même d’une invention qu’on nous demande d’avoir avec nous partout où nous allons ! Ce que nous apprend la recherche c’est que le livre papier est mieux que le livre numérique, que se voir en vrai est mieux que les interactions virtuelles, que des conversations prolongées sans interruption sont mieux, et que l’humain n’est pas fait pour du multitâche. Et l’on pourrait parler longuement de ces IA qu’on nous impose comme l’avenir…
Finissons en disant que je ne suis pas anti-tech. Je suis pro enfant. Faisons ce qui est mieux pour eux. Le reste, vous savez…
A. H. - Ce qui frappe dans Génération anxieuse, c’est que Jonathan Haidt ne présente jamais la littérature comme solution, au profit du jeu libre (à l’école ou dans la rue) de l’exploration et de la désintoxication des smartphones. Est-ce que cela vous a interrogé en tant qu’éditeur ?
Y. N. - Non, du tout. La prémisse de l’auteur est qu’on a surprotégé les enfants dans le monde physique, et sous protégé dans le monde virtuel… Et c’est là tout le travail de ce livre : démontrer que ces outils, et notre parentalité surproductrice, ont volé à l’enfance son essence. Pour le reste, il note que jouer librement, s’ennuyer, lire, écrire, pratiquer de la musique, etc. sont des activités constitutives d’une enfance normale, qui ont été marginalisées par le temps passé sur les écrans. La littérature fait partie de la solution, mais n’est pas LA solution.
A. H. - La Pierre maléfique, comme L’Autre côté de Jacqueline Woodson et E.B. Lewis, condense en quelques pages des expériences très profondes — perte d’humanité, ségrégation raciale. Est-ce là, pour vous, une force propre à la littérature jeunesse ?
Y. N. - Non. C’est une force de la littérature (et de tous les arts, non ?). Et celle pour la jeunesse en fait partie. Comme ces expériences font partie de la vie, il est normal que cette littérature les touche. Comme elle doit toucher tout ce qui concerne notre humanité : les rires, les pleurs, la joie, les conneries, les copains, les autres, etc. C’est ce que font bien les arts, en général : nous permettre de nous mettre à la place de l’autre.
Par contre, quand j’ai décidé de publier ces titres, et d’autres, c’est mon expérience en salle de classe qui me guide. Je trouve que ces textes sont encore plus forts lorsque leur lecture est suivie de grandes conversations. Pas des fiches, pas des questions, mais des conversations. J’ai eu la chance d’organiser des cercles de lectures pendant 35 années, et je connais d’expérience leur force.
A. H. - Des titres comme L’Autre côté de Jacqueline Woodson3 et E. B. Lewis4, Le Citronnier d’Ilia Castro et Barroux, Le Barrage de David Almond et Levi Pinfold ou Les Enfants d’Izieu de Rolande Causse-Gibel et Gilles Rapaport montrent que votre catalogue n’écarte ni la violence de l’histoire ni les fractures du monde. À partir de quel moment estimez-vous qu’un enfant peut y être confronté ?
Y. N. - C’est une grande et profonde question. Je reviens sur ce qui a déjà été dit, mais brièvement. J’ai parlé des grandes conversations autour de certains livres (ou de grands fous rires, parfois, aussi !). Il est très clair dans ma tête que certains titres doivent être lus en groupe, accompagnés, préparés. Les livres nommés plus haut font partie de ces livres où les conversations sont souhaitables.
Par contre, les passeurs sont ici importants. Des enseignants qui ont lu le livre avant, qui connaissent leur groupe, qui savent si ça passe ou non, que le contexte s’y prête ou que l’intention est sue. Je ne peux imaginer que Le citronnier soit offert à une jeune fille par un oncle bienveillant, pensant que… C’est un texte direct, coup de poing qui demande de la maturité. Une maturité dont doit tenir compte celui ou celle qui passera le livre. Par contre, Le Barrage ou L’Autre côté n’ont pas cette dureté. Je connais des classes avec des gamins de 7 ans qui les ont lus avec joie et conversation, et aussi, avec le même plaisir et sérieux, dans des classes de gamins de 11 ans. Ces textes sont parfois universels, sans âge, selon le contexte.
Je trouve aussi que les enfants d’aujourd’hui ont déjà vu pire que ce qu’ils trouveront dans ces livres dans des jeux vidéo de guerre, dans certains films ou séries. Et souvent, ils les ont découvert seuls, sans adultes, sans passeurs. Ici, idéalement, au risque de me répéter, il y a un contexte, un groupe, une conversation, une intention, et un adulte bienveillant qui chapeaute le tout. C’est la grande force de ces titres. Des déclencheurs de discussion, les liants pour le groupe.
A. H. - Chez vous, ces sujets passent souvent par des albums d’une grande douceur formelle. Y portez-vous une attention particulière ?
Y. N. - Ce qui importe, pour moi, c’est le texte. Je veux des histoires, pas des traités pédagogiques qui veulent dire aux enfants comment penser. Parfois je lis des albums ou des romans pour la jeunesse et je trouve que nous sommes proches de la propagande, qu’on dit aux gamins comment penser. Que le message passe au-dessus de la qualité de l’histoire.
Je préfère des histoires qui font leur boulot, qui nous mettent face à des situations, qui nous font nous mettre à la place de l’autre, qu’on sorte de ce qui est évident, et qu’on laisse l’histoire doucement percoler.
Je répondrais que la douceur formelle n’est pas notre préoccupation. C’est l’histoire qui importe.
A. H. - D’autres titres, comme Le garçon invisible ou Un petit geste montrent comment un déplacement minime peut faire qu’un enfant cesse d’être seul. Est-ce que votre catalogue défend aussi une forme d’éthique de l’attention ?
Y. N. - Ces titres ont cette qualité, mais je ne dirais pas que c’est ce que le catalogue défend.
Je me répète : nous aimons les bonnes histoires. Le catalogue reflète, pour moi, une grande variété de sujets, thèmes et genres. Mais nous sommes aussi influencés par ces 35 années en salle de classe et les innombrables conversations autour des livres. J’ai beaucoup ri avec mes élèves, j’ai versé quelques larmes, on a respiré ensemble aux mêmes moments, j’ai vécu des silences importants, on a relu mille fois certains titres pour le simple plaisir de rire encore, on a possédé questions qui parfois n’avaient pas de réponses… C’est ce que le catalogue reflète.
A. H. - Dans Gardiens et passeurs5, disponible sur votre site, Daniel Pennac distingue deux attitudes vis-à-vis de la littérature : celle des gardiens, qui en voulant la protéger finissent par la tuer, et celle des passeurs, qui allument le désir de lire. Comment, en tant qu’éditeur, en tant qu’enseignant, être sûr de compter parmi les passeurs plutôt que parmi les gardiens ?
Y. N. - C’est une grande question. Quand Pennac a publié Comme un roman, je croyais que le débat serait fini, qu’on passerait dans une nouvelle époque. Une grande naïveté de ma part.
Quand je parle avec des enseignants, des libraires, des décideurs, tout le monde est d’accord. Cultiver le plaisir de lire est primordial. Pas que, mais c’est un objectif partagé par tous. Le problème vient quand on entre dans les structures, et les habitudes bien ancrées par la tradition.
Je suis toujours convaincu que les enfants doivent apprendre à lire avec des livres à leur pointure, dans un environnement qui leur fait faire de grands pas, où ils ressentent leur compétence grandissante et sont témoins de leur évolution.
Il faut donc traiter, le plus souvent possible, les enfants comme des lecteurs. Et ne pas faire avec eux des activités qui sont loin de ce que font les vrais lecteurs dans la vie. Je suis témoin, de façon régulière, de pratiques en salle de classe qui ont toutes ces qualités. Je suis témoin aussi d’enseignants qui sont des lecteurs et qui partagent, comme écrit Pennac, leur bonheur de lire tous les jours.
Je suis aussi témoin de pratiques éducatives qui éloignent les élèves de la lecture, sous de bonnes intentions : questionnaires de lecture, tests de performance, textes imposés à tous, indépendamment de leur niveaux de compétence…
Je souhaite, avec passion, des classes où les élèves se font lire des livres tous les jours par un adulte, où ils ont accès à des livres à portée de main, où ils ont des conversations autour de leur lecture, et qu’ils soient avec un adulte compétent qui connait ET la littérature de jeunesse ET les processus qui soutiennent l’acte de lecture.
Et j’espère comme éditeur ne pas leur mettre de bâtons dans les roues, et proposer des textes à la hauteur des attentes.
A. H. - Quels conseils donneriez-vous aux enseignants français pour être des passeurs et pour créer des lecteurs ? Vos essais pédagogiques accompagnent souvent les adultes dans leur manière d’amener les enfants aux livres : publiez-vous aussi pour corriger certaines méthodes scolaires pour faire lire ?
Y. N. - Je dirais que nous ne publions pas pour corriger, mais pour inspirer et montrer des voies solides pour créer et consolider ces lecteurs. Je ne veux pas lutter contre une pratique, je veux soutenir les meilleurs pratiques. Réfléchir à nos pratiques fait partie, selon moi, de nos questionnements importants et récurrents en tant que professionnels de l’enseignement de la lecture.
Je ne connais pas la réalité des enseignants titulaires en France, ni la bureaucratie, ni leurs difficultés, mais je sais ce qui transforme les gamins en lecteurs enthousiastes. Ces pratiques dépassent les particularités culturelles des différents pays. Comme apprendre à skier, les pratiques éducatives sont universelles. Mais oui, la bureaucratie locale et les traditions peuvent créer des freins immenses au changement.
Le meilleur conseil qu’on m’avait donné à une certaine époque était celui-ci : lire tous les jours aux élèves à tous les niveaux, dédier un temps non négociable. Ceci amènera tellement de positif que l’on voudra trouver ce temps lors d’autres moments de la classe. Là, commenceront les changements, et la recherche de mieux.
A. H. - Certains de vos titres, par exemple Jabari plonge de Gaia Cornwall, sont accompagnés d’un court commentaire à l’adresse des enseignants. Il semblerait que vous ne sépariez jamais la littérature jeunesse de la classe. Pour vous, l’école est-elle un lieu naturel de la littérature ?
Y. N. - C’est LE lieu. Il n’existe pas d’équivalent pour les adultes. Un lieu où l’on va, de façon obligatoire, où toutes les strates sociales se trouvent. Même les gamins le disent : je m’en vais apprendre à lire et à écrire.
Oui, c’est le lieu naturel pour la littérature, comme l’eau est chez elle dans une piscine ou que le neige est parfaite sur une pente de ski. Mais reconnaissons que certaines écoles n’ont pas assez de neige ou d’eau : il y a un manque flagrant de livres à portée de main. Comment se fait-il que ce lieu dédié, obligatoire, n’ait pas le nombre de livres voulus pour les élèves ?
J’avais écrit ceci pour le Québec :
Sur Facebook, il y a deux ans, une enseignante avait mis une photo de son coin lecture et sous celle-ci, on pouvait lire : « ma classe est prête, mes élèves peuvent maintenant venir ».
Ce coin lecture était magnifique : divans, bibliothèque, bacs de livres, coussins. Bref, un endroit invitant, un endroit où l’on sent l’importance des livres et la responsabilité du milieu à rendre cet apprentissage — devenir lecteur — très visible.
Mais là, il y a déséquilibre.
Le système exige la lecture, le système exige l’effort et tout, mais le système ne fournit à peu près rien. Cette classe est le fruit des convictions, et du portefeuille de cette enseignante. Pas de sa direction d’école, pas de la CS, pas du ministère. Le budget alloué pour les livres est — scandale ! — peau de chagrin. Au point où de nombreuses enseignantes, sachant l’importance d’avoir des livres à portée de main pour les élèves, dépensent des milliers de $$$ de leur poche. Qu’une enseignante, comme professionnelle, achète personnellement des coups de cœur, des incontournables, des livres à soi, j’en conviens et j’encourage. Mais elles assument trop souvent seules, et depuis trop longtemps, cette responsabilité.
ET j’imagine que la situation est la même en France, en Belgique, en Suisse. Oui, l’école est le lieu naturel, mais elle manque cruellement de moyens. Comblés parfois par les enseignants, mais ça reste un problème. Le système ne garantit pas les livres à portée de main, le système dépend des titulaires et de leurs convictions.
Un problème connu, récurrent, mais que les politiques ne règlent pas. Ça ne brille pas assez, ça ne donne pas des votes, ce n’est pas appuyé par un lobby puissant comme les technos.



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2 https://www.page-educ.fr/article/faites-les-lire-pour-en-finir-avec-le-cretin-digital
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